Mesrop Machtots (361 - 440)

Mesrop Machtots

Créateur de l’alphabet arménien et fondateur de la littérature de traduction arménienne, il est né au village de Hatsékats de la province du Tarone dans la famille d’un paysan nommé Vardan. Il reçoit son éducation dans l’une des écoles à enseignement en langues étrangères, fondées par le Catholicos Nerses le Grand, où il apprend le grec, le syriaque et le persan. Par la suite, il sert à la cour du roi Khosrow Arsacide comme secrétaire royal et militaire. Quelques années plus tard, il se consacre à l’enseignement de la foi chrétienne, s’installe dans la province de Goghtn, se fait ermite et prédicateur. C’est alors que germe en lui l’idée de créer un alphabet pour la langue arménienne. Soutenu par le Catholicos Sahak Parthev et le roi Vramchapouh, il part pour Edesse où il crée en 405-406 l’alphabet arménien. Machtots met ensuite toute son ardeur et son génie au service du peuple, afin de l’éduquer en fondant des écoles dans la partie orientale aussi bien qu’occidentale de l’Arménie, alors sous domination byzantine. Machtots est le premier traducteur arménien et l’un des fondateurs de la littérature originale arménienne. On lui doit la traduction de la Bible en arménien classique. Il est également le fondateur de la musique sacrée arménienne et l’auteur de nombreux hymnes sacrés du Canon du Repentir, exécutés durant le Carême. Décédé le 17 février 440, il est enterré au village d’Oshakan, faisant alors partie du domaine du prince Vahan Amatouni. Son tombeau dans le caveau de l’église Saint Mesrop d’Oshakan est un lieu de pèlerinage populaire.


Movses Khorénatsi (390 - 445)

Movses Khorénatsi

L’un des soixante élèves de saint Mesrop Machtots, créateur de l’alphabet arménien et fondateur de la littérature de traduction arménienne. En 435, M. Khorénatsi part avec plusieurs de ses condisciples pour Alexandrie, afin de s’y perfectionner en langue grecque, rhétorique et philosophie. Au cours des cinq années de son séjour à l’étranger, il visite un certain nombre de centres culturels et religieux: Edesse, Antioche, les sanctuaires chrétiens de Palestine, Athènes, Rome et l’Egypte. De retour en Arménie en 440, il s’adonne aux activités littéraires. Son œuvre maîtresse est son Histoire d’Arménie, ouvrage auquel Khorénatsi doit le titre d’honneur de « Père de l’historiographie arménienne » dans l’Encyclopédie Catholique et le Dictionnaire d’Oxford.
En outre, Khorénatsi est l’auteur de nombreux charakans (hymnes religieux), de cantiques consacrés à la Nativité et à la Théophanie, de Magnificat, d’hymnes pour la Résurrection et la Dormition. Utilisant le système de l’Octoéchos arménien, créé par Mesrop Machtots, Khorénatsi l’enrichit de nouvelles tournures et mélodies. Ses charakans consacrés à la Nativité et à la Sainte Vierge sont particulièrement connus.



Grigor Narékatsi (951 - 1003)

Grigor Narékatsi
Poète, philosophe et musicien arménien. Il est né dans l’un des villages de la rive sud du Lac de Van. Il doit son nom au monastère de Narek de la province Rechtouniats, qu’il fréquente dès son plus jeune âge et dont le prieur est son grand-oncle Anania Narékatsi. Les biographies de Grigor Narékatsi, conservées dans les manuscrits anciens, ses propres œuvres et ses colophons autobiographiques communiquent une information digne de foi sur sa vie et son œuvre. On lui doit le célèbre Livre de Lamentation, chef-d’œuvre de la poésie médiévale arménienne et le livre le plus vénéré en Arménie après la Bible pour ses guérisons miraculeuses. On ne possède que cinq cantiques de Narékatsi, œuvres musicales qui résument toute la voie parcourue au cours des siècles par la musique sacrée arménienne et l’élèvent à de nouveaux sommets.






Nerses Chnorhali (1100 - 1173)

Nerses Chnorhali
Nerses IV Chnorhali (le Gracieux) Klaétsi, poète-mélode, musicien et écrivain arménien, fils du prince Apirat Pahlavouni et arrière petit-fils de Grigor Magistros Pahlavouni, Catholicos des Arméniens dès 1166. Il est l’auteur de nombreux chants sacrés qui sont sortis de l’office divin pour devenir des mélodies et des chants traditionnels, adoptés par le peuple. Il enrichit considérablement l’Hymnaire et le Livre d’Heures arméniens. Presque tous les chants de ce dernier recueil (quinze pièces) appartiennent à sa plume.








Komitas (1869 - 1935)

Komitas
Issu d'une famille pauvre, il devient orphelin en 1881. Du fait de son apparent potentiel, un mécène l'envoie étudier au Séminaire d'Etchmiadzin. Il y étudie durant 11 années, pendant lesquelles il se prend d'intérêt pour les chants traditionnels qu'il découvre en cette région. Il est ordonné diacre (Sargavak) en 1890, puis novice (Apera) en septembre 1893. Il est diplômé du séminaire en 1894, et enfin acquiert en 1896 le titre de Vartapet, pouvant être traduit par prêtre et docteur en théologie. Le catholicos Khrimian, son protecteur moral, lui donne le nom de Komitas en raison de sa belle voix et de ses qualités d'écriture musicale. Komitas était en effet le nom d'un précédent catholicos et compositeur du VIIe siècle.
Komitas organise son travail de façon très ordonnée, ce qui n'est pas sans rappeler les principes de la recherche scientifique. En effet, dès 1899, le compositeur se fait ethnographe, et traverse son pays en vue de recueillir autant de musiques populaires que possible. De ville en ville, de village en village, parcourant toutes les régions arméniennes, il prend de nombreuses notes sur tout ce qu’il peut entendre. Avide de récolter la musique la plus naturelle qui soit, il se cache même parfois pour observer les chanteurs sans être vu. En bien des points, ceci pourrait le rapprocher d’un explorateur se cachant pour observer des bêtes sauvages.

• Les traits caractéristiques de la musique populaire: Komitas joue sur la polyrythmie et les rythmes irréguliers. Par ailleurs, il tente de retrouver, adaptées au piano, des sonorités produites par certains
Komitas
instruments traditionnels. Ainsi, il utilise des indications peu communes. Lorsqu’il cherche par exemple à ce que l’interprète imite le son du daph (instrument traditionnel percussif semblable à un tambourin), il lui indique « comme le daph » sur la partition. D’autres fois, il trouve un effet qui, au piano, pourra rendre l’aspect de l’instrument qu’il cherche à imiter.

• Les ajouts de Komitas: Komitas a introduit dans ses compositions la bimodalité et la polymodalité, de sorte à enrichir l’écriture populaire. Il s’agit de superposer deux modes différents possédant la même tonique, mais des notes polarisées différentes. La musique ainsi créée peut donc accidentellement contenir par exemple des accords que l’on interpréterait comme majeurs, alors qu’en fait il est inapproprié d’analyser les choses ainsi. En effet, la musique née de superpositions de deux modes ne doit pas être comprise verticalement (d’où la mauvaise interprétation des accords), mais linéairement. Sinon, l’on risque de trouver des accords qui n’auront rien à voir avec la tonalité principale. La superposition de deux modes confère au tout une couleur très particulière, étrangère aux oreilles occidentales.
Komitas est reconnu comme ayant apporté beaucoup à la musique arménienne. Il en a posé les fondements grâce à ses longues recherches ethnomusicologiques auprès des peuples de son pays, et a utilisé ses découvertes pour créer sa propre musique, faisant ainsi preuve, au-delà de son travail de scientifique, d’une grande capacité créatrice.